04 décembre 2018

Démantèlement de l’ancienne usine de fabrication de combustible (FBFC International) de Dessel en Belgique : une nouvelle étape vers la fin du chantier

Grâce à l’utilisation depuis plusieurs mois d’un équipement permettant le contrôle et le tri de terres marquées par de l’uranium en très faible quantité, le site de l’usine FBFC International a validé une étape technique importante en vue de terminer ses opérations de démantèlement.

La gestion des déchets, ainsi que celle des sols pollués, sont des processus clés dans la gestion d’un projet de démantèlement d’une installation nucléaire en vue de son déclassement.

Pour André Basset, directeur du site, « La question des sols est au cœur de nos préoccupations et ce sujet est traité à part dans le démantèlement du site. Contrairement aux déchets issus des ateliers représentant quelques centaines de m3, nous sommes maintenant confrontés à des volumes importants, plusieurs milliers de m3 présentant une concentration en uranium très faible (de l’ordre du Bq/g). Etre capable de contrôler puis de trier la partie avec de l’uranium à une cadence industrielle représentait pour nous un vrai défi. C’est la raison pour laquelle FBFC International s’est rapprochée de Nukem Technologies Engineering & Services, entreprise spécialisée dans le traitement des déchets. Ce résultat est une première à l’échelle industrielle et une réussite.».

Pour partager ce retour d’expérience, et, à l’initiative de Framatome, une délégation de l’Autorité de sûreté nucléaire française (ASN), accompagnée de son homologue belge, l’Agence Fédérale de Contrôle Nucléaire (AFCN), a visité le chantier début novembre 2018. Cette rencontre a permis de présenter les phases du projet et d’échanger sur les problématiques rencontrées et les solutions apportées, avec un focus particulier sur le traitement des déchets et la stratégie de tri des terres et des sables des sols marqués par la présence d’uranium.

Anne-Cecile Rigail, directrice générale adjointe de l’ASN, a souligné l’intérêt d’une telle visite, qui a pour vertu de partager les bonnes pratiques en termes de management des chantiers de démantèlement d’installation nucléaire de base. La réglementation belge pour la gestion des déchets de très faible activité prévoit la mise en œuvre opérationnelle de seuils de libération (seuils définis par une activité radiologique à partir de laquelle la matière caractérisée est orientée vers une filière dédiée). La visite a permis aux inspecteurs français de prendre connaissance des moyens techniques industriels mis en œuvre dans cet objectif. C’est aussi une opportunité, dans un contexte différent, d’échanger sur les aspects réglementaires entre Autorités de sûreté et industriels.

Retour sur les phases successives du démantèlement

  • Avril 2012 : arrêt des ateliers uranium et début des opérations de démantèlement
  • 2013-2014 : démontage des équipements de production
  • Juin 2015 : expédition du dernier assemblage MOX* fabriqué à Dessel
  • 2015-2017 : assainissement et contrôles radiologiques des bâtiments nucléaires
  • 2015 : démolition du bâtiment 3, premier bâtiment nucléaire à être abattu
  • 2017 : démolition du bâtiment 1
  • 2018 : démolition du bâtiment 2 et démarrage des activités d’assainissement des sols
  • 2019 : démolition du bâtiment 5 et fin des activités d’assainissement des sols

 

En tout ce sont près de 50 personnes d’une dizaine d’entreprises sous-traitantes qui se succéderont jusqu’à la fin de l’année 2019 pour achever le déclassement du site de Dessel.

*MOX : le combustible MOX (Mixed Oxyde Fuel) est un combustible nucléaire réalisé à partir d’un ’oxyde mixte, mélange d’oxydes d’uranium et de plutonium

FBFC en quelques mots

Le site de FBFC International produisait des assemblages de combustible pour des réacteurs nucléaires sur le marché de l’Europe de l’Ouest. Il produisait également des composants entrant dans la fabrication des assemblages. C’est en août 1958 que les sociétés belges “Métallurgie Hoboken” et “Fabrique Nationale” décident de s’associer pour constituer une filiale commune destinée à la fabrication de combustible nucléaire : la société de “Métallurgie et Mécanique Nucléaires” (MMN).

En décembre 1973, MMN et Eurofuel, compagnie de holding avec Péchiney, Framatome et Westinghouse comme actionnaires, créent la société FBFC pour accompagner le développement rapide du marché nucléaire français. FBFC Dessel devient, en 1986, une société belge, filiale de FBFC puis d’AREVA NP, et prend alors la dénomination de FBFC International.

En 1975 et 1976, avant la mise en service de l’usine de Romans, c’est à Dessel que sont fabriqués les premiers cœurs des deux premiers réacteurs à eau sous pression français de Fessenheim.

En 1987 débute la production industrielle de combustible MOX à partir de crayons provenant de Belgonucléaire, de Cadarache puis de MELOX.

En savoir plus

Depuis 1974, ce sont 28 762 assemblages de combustible, parmi lesquels 3 209 assemblages MOX, qui ont été livrés en temps et en heure en Europe (Allemagne, Pays-Bas, Suisse, Suède, France et Belgique) et au Japon.

1 seul assemblage de combustible permet de fournir de l’énergie à environ 10 000 foyers par an sans interruption.